Ma première moto-taxi

Retour du Cambodge un lundi matin. On ne va pas se plaindre mais on ne sort pas trop frais d’une nuit dans l’avion. Il est 7h45 et il faut déjà aller travailler après un bref détour par la maison pour poser son sac. Aux portes de l’aéroport, je m’interroge : quel moyen de locomotion employer? L’autoroute est bouchée, le périph saturé, le RER? Il ne me permettra pas d’assurer le premier rendez-vous prévu.
Soudain, une voix interrompt mes pensées : « Monsieur, une moto-taxi, vous ne voulez pas essayer? » Le motard est avenant. Il explique qu’en théorie, il n’a pas le droit de démarcher. Que pour 80 €, je serai chez moi dans 25 minutes. En voiture, ce serait un peu moins cher mais beaucoup plus long. Pourquoi pas? Il vous habille d’une veste et de gants, plus précautionneusement que s’il passait des vêtements d’hiver à un tout petit. Et c’est parti. Quelle ivresse de doubler tout le monde, de sentir le vent, sur un énorme cube qui donne un sentiment de sécurité totale. Et sur le périph, on ne peut s’empêcher de sourire devant chaque conducteur immobilisé. On arrive même à temps pour embrasser la petite, pas vue depuis cinq jours et qui part à l’école, un miracle. On n’y connaît rien mais quand même : pourquoi des personnes aussi efficaces que les motos-taxi n’ont-elles pas le droit de travailler autrement que par rendez-vous?

source : Leparisien